Wednesday, March 12, 2008

La chute des civilisations







Parlons d'environnement. Pas un discours plate, mais une réflexion qui me semble pertinente…
Je me sens pris d'une fascination morbide.
Voyez-vous, je me rappelle le temps où j'étudiais l'Histoire au secondaire. On nous racontait, entre autres choses, la manière à laquelle les grandes civilisations ont péri avec les années. La Grèce, la Rome antique, les Mayas… Tiens, prenons les Mayas en exemple. Nous savons qu'ils ont capitulé contre la machine de guerre européenne, résultat prévisible étant donné le retard technologique qu'ils accusaient sur l'Europe, mais même si les envahisseurs n'étaient venus qu'un siècle plus tard, il est probable que les Mayas auraient déjà disparus. Le fait est qu'ils étaient déjà faibles, rongés par la maladie et la famine. Vivant moi-même dans une civilisation dominante de la planète (s.v.p., veuillez comprendre que je parle de l'Amérique du Nord au grand complet, du Canada comme petit protégé géographique des États-unis et de notre domination en termes de superpuissance, et non de supériorité intellectuelle ou intrinsèque sur le plan humain), je m'étais toujours demandé si nous allions nous-mêmes un jour nous écrouler, tel que toutes les puissances précédentes. Après tout, si la question leur avait été posée durant leur apogée, ses représentants auraient probablement répondu que leur règne allait être éternel, ce que plusieurs occidentaux d'aujourd'hui auraient également tendance à répondre.
Puis je suis tombé sur un livre très intéressant : Cannibals and Kings. Ce livre, écrit par l'anthropologue américain Marvin Harris en 1977, offre une explication très plausible pour la chute systématique de toutes les sociétés humaines, aussi puissantes furent-elles… Sa théorie : Tout tient de l'étrange relation qu'entretient l'homme avec la technologie. Tout commence par un groupe distinct d'humains raisonnables qui contrôlent le rythme de leurs naissances en fonction de ce qu'ils sont capables de rassembler en ressources diverses. Puis vient le jour où ils découvrent (ou inventent) une nouvelle technologie qui permet de trouver ces ressources plus facilement et avec moins d'efforts. Du coup, les restreintes au niveau des naissances deviennent obsolètes puisqu’il y a suffisamment de ressources pour tout le monde. Donc, on procrée et on consomme à outrance, jusqu'à ce que le nombre de têtes dépasse la somme des ressources pourtant déjà décuplée, ce qui force l'invention de nouvelles technologies plus efficaces encore qui repoussent toujours les limites et ainsi de suite… jusqu'à ce que les ressources naturelles commencent à manquer !

Devant ce problème inévitable, la logique semble prescrire un retour en arrière, soit une régulation des naissances et une modification durable au niveau des habitudes de consommations. Or le problème, c'est que la réaction de toutes les sociétés humaines de l'Histoire a toujours été la même : on refuse de changer de diète. Peu importe l'époque, le lieu ou le régime politique, la seule réaction qu'elles ont eue fut de pousser encore plus loin la technologie pour continuer le plus longtemps possible de satisfaire la consommation de sa population. Et cela, jusqu'à ce que finalement, il n'y ait plus de ressources du tout. Dès lors, la disparition de celles-ci occasionne divers problèmes (écologique, de santé, etc.) et les options qui restent à la population sont de changer de lieu de résidence ou de diète. Cette réaction face au manque de ressources est appelée « intensification ».
Fut une époque où déménager d'une région à une autre était plus facile. La tribu des Yanomamõ, par exemple, dépendait entre-autre choses de la consommation de bananes et de bananes plantains. Les techniques pour les cueillir se sont grandement améliorées le jour où la tribu acquit des machettes de métal des mains d'autres amérindiens faisant du troc avec les Européens. Du coup, les fruits étaient cueillis en plus grands nombres avec moins d'efforts. Les bouches à nourrir se sont donc multipliées jusqu'à ce qu'il n'y ait tout simplement plus de fruit à cueillir. Ils ont donc dû partir vers de nouveaux horizons. C'était là chose possible à une époque où les sociétés étaient plus petites et moins populeuses, mais dans certains autres cas, tels que celui des Mayas, ce ne fut pas aussi facile. Leur dominance sur les autres peuples leur permettait d'étendre leur royaume tout en augmentant le nombre des naissances. Pour ce faire, ils déracinaient les arbres et construisaient de nouvelles structures. Plus les limites de leur royaume étaient importantes, plus ils croyaient rendre hommage à Kukulkan, leur dieu assoiffé de sang. Toutefois, avec le temps, la nourriture des Mayas qui dépendaient de la forêt a commencé à se raréfier, tandis que le manque d'arbres laissait le champ libre à de nouvelles maladies dangereuses et inconnues. La réaction des dirigeants fut de croire qu'ils n'avaient plus la faveur divine et que la seule manière de remédier à la situation était d'intensifier leur mode de vie. Ils firent donc tomber plus d'arbres et conquirent plus de tribus vivant dans les environs, offrant ainsi à leur dieu un royaume encore plus grand et encore plus d'hémoglobine. Ce faisant, ils réduisirent davantage la faune et la flore desquelles ils dépendaient pour vivre en santé et ils furent encore plus rongés par des épidémies qui les décimaient rapidement. Déménager n'était pas une option pour eux, étant donné la structure de leur société et leurs croyances religieuses gravitant autour des temples où étaient tués les hommes offerts en sacrifices. Puis l'Europe a débarqué. On connaît la suite…
La raison pour laquelle je partage ce flot d'informations avec vous est simple : je crois qu'aujourd'hui, nous sommes les témoins silencieux du même phénomène. La seule différence, c'est que c'est à l'échelle planétaire que cela se produit. Pas étonnant que la société de consommation ait le vent dans les voiles ! La technologie a souvent été l'outil principal d'une consommation plus facile, plus rapide et plus importante. Le problème, c'est que de nos jours, la consommation atteint des sommets encore jamais vus. Et d'ailleurs, malgré qu'il soit triste que nous puissions nous gaver à satiété alors qu'un bon pourcentage de la planète crève de faim, c'est pourtant mieux ainsi ! Ironiquement, si toute la planète pouvait consommer autant que nous le faisons en ce moment, il faudrait au moins l'équivalent de cinq Terres pour satisfaire tout le monde. Si donc nous nous mettions à partager, d'une manière considérable, nos ressources avec le Tiers-monde, il faudrait du coup modifier notre consommation actuelle ; l'Histoire nous informe que ce n'est pas là le fort de l'homme. Et la population mondiale qui ne cesse d'augmenter ! Encore quelques décennies et le nombre d'êtres humains sera plus important que la quantité de ressources que la planète entière pourra fournir !

Friday, October 26, 2007

Juste en passant, de retour en Tunisie...

L'Imam Jaziri est maintenant de retour en Tunisie. Quelle n'est pas notre surprise de réaliser qu'il n'est pas présentement sur une chaise de torture, ni en prison... Personne ne lui a seulement donné une tapoche sur la main droite ou même mis en pénitence à genoux face à un coin de sa maison pour qu'il réfléchisse ! Non ! Présentement, il se la coule douce avec sa famille. Savez pourquoi ? Parce qu'il a menti quant au danger qu'il encourrait s'il était déporté dans son pays, les accusations qui pesaient sur lui là-bas n'étaient plus valides.

Voyez ! C'est une belle fin pour tout le monde, comme dans un film hollywoodien ! L'Imam passe du bon temps et nous, notre conscience est spic and span! C'est ti pas beau ça ?

Pour réitérer ce que j'ai déjà mentionné dans mon blogue, il est temps pour la majorité de la communauté ethnique de prendre la parole et ainsi éviter que d'autres menteurs à langue hyperactive le fassent en leur nom et salisse l'image de l'immigration au Québec. J'espère que cet exemple motivera et déliera la voix de certains d'entre-eux...

Thursday, October 25, 2007

Suite au Tribunal des sous-entendus : le Regroupement des Pazentendus

Monsieur le Damnésiaque, permettez-moi de vous suivre et vous poursuivre dans votre délire intellectuel. Comme vous le savez, je suis haïssable, je veux dire haïtienne...

À l'été 2004, j'ai reçu la proposition de travailler comme attaché de presse et responsable de l'agenda d'une candidate au Bloc Québécois. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que celle-ci était algérienne. Une algérienne, qui soutenait la cause souverainiste ? Oui. Mais mes surprises débutaient à peine, ainsi que mon apprentissage à ne pas me faire des idées trop rapidement. En langage courant, on appelle cela des préjugés ! Bref, quelle ne fut pas ma deuxième surprise de rencontrer une autre ethnie, un africain cette fois-ci ! "Le Québec libre ! Le Québec français! criait-il sur les tribunes. Je n'ai pas terminé mon plaidoyer. Ma troisième surprise a été le latino qui lui aussi croyait avec un coeur battant et les yeux brillants que sa terre d'accueil méritait enfin d'être indépendant ! Le coup a été solide. Je suis restée debout, mais j'ai compris une chose : les immigrants sont plus nombreux qu'on le croit à aimer le Québec, le français, notre liberté, l'égalité et le respect entre l'homme et la femme. Un bon nombre d'immigrants adore le pâté chinois également. La commission a laissé la parole à des gens intolérants, remplis de préjugés. Et ce, des deux bords. Il serait temps de voir et d'entendre des hommes tels que le professeur arabe et musulman originaire de l'Abitibi, Antoine Ishac : "Les lois de la religion, il faut qu'elles se plient devant les lois laïques. Comme immigrant, quand je suis arrivé ici, j'ai compris que c'était à moi de m'adapter à la vie québécoise et c'est à moi de devenir un Québécois. "

Dernière petite remarque qui pourrait éventuellement lancé une réflexion, ou un débat.
Pourquo ai-je l'impression que les accomodements raisonnables semblent être utilisés essentiellement pour les musulmans ou les juifs (qui soi-dit en passant, ne s'apprécient pas toujours entre eux) ? Les noirs, les sud-américains, les protestants, les témoins de Jéhovah, les russes, les polonais, les portugais, les bouddhistes et les épicuriens...ils sont où ? Et surtout, que demandent-ils ?

Allergie aux arachides

Voici deux extraits d’un article dans la revue National Vanguard en mars-avril 1997 :

« Bien sûr, le mélange des races n'est pas un événement naturel. L'évolution aurait été impossible si chaque progrès de l'évolution avait été court-circuité par des accouplements inter-espèces. »

« Derrière les slogans séduisants qui présentent le mélange des races comme un impératif moral et comme bénéfique, la motivation de leurs promoteurs est claire : l'intention n'est pas de « sauver » les Blancs, ni de leur accorder la « rédemption », mais de les détruire complètement. »

Ok, fin des maudites citations...


Voici quelques observations croquées ici et là :

— Devant l’épicerie Provigo, ville Saint-Laurent. Les deux individus que nous sommes (la Noire et le Blanc) gambadaient joyeusement pour aller vaquer paisiblement à nos occupations du dimanche après-midi. Quelques secondes suffirent pour remarquer la désapprobation dans le regard de l’homme noir.
— Une amie, en Caroline du Nord, lors de ses vacances. Elle entre dans le restaurant où par le fait même, fait aussi entrer un peu de couleur. Regards hostiles, des mitraillettes, le feu dans les pupilles.
— Deux conversations entre deux jeunes hommes noirs dans l’autobus 67, quartier Saint-Michel (là où c'est noir de monde...et ce n'est pas une expression !). Les jeunes hommes ne comprennent pas : pourquoi et comment les filles noires peuvent être avec des hommes blancs étant donné que ceux-ci ont été les investigateurs de l’esclavagisme?
— Une amie me dit : moi je ne pourrais jamais sortir avec un Arabe, mon père n’est pas raciste, mais il capoterait trop…
— Une collègue de travail : moi, je n’aime pas Montréal, y a ben trop de monde, ben trop d’ethnies, trop d’arabes…

- Montréal, octobre 2007 : Une jeune fille blanche traite des noires de nègres. Colère. Une bataille éclate. Quatre jeunes filles noires âgées entre 14 et 16 ans sont accusées de voies de faits.

— Une connaissance algérienne : les Québécois sont trop cheaps, ils ne payent jamais rien aux filles
- Barcelone, Espagne, octobre 2007 : une jeune équatorienne de 16 ans se fait tabasser par un jeune homme de 16 ans dans le métro. Le garçon la traite de maudite immigrante et lui crie de retourner dans son pays.
— Et finalement, celle-là je l’entends vraiment souvent : Martine, t’es ma seule amie noire, parce que t’es pas comme les autres… t’es pas vraiment noire…


« Vlan din dents! » comme on dit par ici. Pas comme les autres. Première question. Connaissons-nous vraiment les autres? Voici l’exemple de…appelons la Catherine. La jeune femme ne connaît aucune personne d’une autre culture. Ce qu’elle en sait, elle l’apprend des médias. Et pourtant, au dîner, elle dit d’un ton décisif et sans équivoque : moi, je n’aime pas les Arabes. Ah. Pourquoi? Les voiles, les hommes dominants, je ne suis pas capable. Ok. Mais madame n’a jamais pris le temps ou la peine de parler à un arabe. Et pourtant, madame se dit ouverte aux autres cultures, elle a mangé du "sish taouk" la semaine dernière, mmm...un délice !

Je n’ai pas suivi de cours d’anthropologie, mais les quelques éléments appris et retenus dans certains cours me reviennent par flash. Le métissage des différentes cultures a toujours existé, du nord au sud et de l'est à l'ouest. Par exemple, le sang qui coule dans mes veines est à la fois africain, antillais et français. Mais l’homme doit se trouver une raison pour se détester. Le problème d’intolérance, à mon avis, vient du fait que chaque personne pense que l’autre est trop différent de lui. Je ne le crois point. Il existe toujours un point commun qui peut unir deux personnes, les faire vibrer. Du jamaïcain Rusty dont l’idole est Ray Charles à Jonathan qui tripe sur la musique swing… et Ray Charles! Les deux hommes sont pourtant, en apparence, supposément distincts, mais l’être humain a inventé de belles choses pour s’unir : les arts, la musique, la danse... Alors lorsque je lis que les noirs, les juifs, les latinos sont des « races » différentes des blancs, je me dis : Henrique, comme Paul, peuvent développer une allergie aux arrachides, non ?

À partir de ce constat, la couleur pour moi a toujours été accessoire, je ne la vois pas, je ne la vois plus et j'ai appris à ne plus la voir, tout simplement. J'essaie de connaître et d'apprécier. Et il ne faut pas oublier que les intolérants n'ont pas de couleur. Juste une odeur acre et désagréable. Est-ce que je suis aveugle? Au contraire, je pense que je vois très bien : mes verres de contact sont bien en place. Et si les gens voulaient faire l’effort d’essayer de connaître au moins une autre ethnie ? Et s’ils prenaient le temps de connaître cette personne? Je ne dis pas que le résultat serait nécessairement positif, mais avant de dire qu’on se déteste… est-ce qu’on a essayé de s’aimer? Mais la question est plutôt : suis-je trop utopiste?

Monday, October 22, 2007

La tribune des sous-entendus

Ça fait des mois et des mois qu’on parle d’accommodements raisonnables. Ça fait des mois que ça fait la une des journaux, surtout celle du Journal de Montréal qui saute sur n’importe quelle occasion pour attiser le feu, « boostant » la colère des Montréalais et autres de souche. Tout ce temps-là, j’ai fait comme tout le monde : j’en ai jasé, parlé, discuté… Pas qu’avec des Québécois, mais avec un grand nombre de gens de toute provenance et de toute confession. Ce que je trouve étrange, c’est que dans toutes ces conversations, je n’ai pas une seule fois trouvé ce que je cherchais : un débat! Peu importe le pays qui les avait enfanté ou le Dieu qui leur faisait plier les genoux, je n’ai jamais trouvé qui que ce soit qui est en accord avec les revendications de ceux qui exigent que nous façonnions le Québec à l’image de leur propre patelin. Oh, ils demandent qu’on les respecte, de la même manière dont ils ont choisi de nous respecter eux-mêmes.

Certes, il y a un débat et il porte le nom de Bouchard-Taylor. J’avoue ne le suivre qu’à travers les éditoriaux de mes idoles journalistiques et suis inévitablement sous l’influence de leurs opinions, mais je me soigne lentement… En attendant, j’aimerais poser une question à qui pourrait me répondre. Est-ce mon imagination, ou est-ce que ce débat est de près ou de loin un sous-produit de l’acharnement médiatique opportuniste du Journal? C’est mon impression. Ce média a indéniablement comme créneau de crier « au feu » dès que quelqu’un craque une allumette en mettant en première page une photo si « zoomée » qu’on jurerait y voir une bombe nucléaire. Toutefois, permettez-moi de bémoliser un peu… Je crois de plus en plus que du bon va sortir de ce débat. Il va permettre de lever le rideau sur une foule de choses qu’on n’aurait peut-être pas pu savoir autrement. Par exemple, saviez-vous ça qu’il y a plusieurs ethnies qui sont d’avis que le Québec souverain serait bénéfique pour l’assimilation des immigrants? J’avoue que mes lèvres ont formé un petit « o » stupide pendant un instant quand j’ai lu ça…
La commission va nous permettre de prendre le pouls des diverses ethnies. Je parle des autres, pas les grandes gueules qui ont vu l’hyper tolérance du drapeau fleurs de lys et tenté d’en profiter. Les autres, dis-je, ceux qui ne parlent pas beaucoup, les plus nombreux et donc, démocratiquement parlant, ceux dont l’opinion devrait primer sur celle des quelques marginaux. Il était temps qu’on leur offre une tribune parce que jusqu’à aujourd’hui, ils ne semblaient pas chercher à en avoir une. Suffisait de les inviter! Évidemment, c’est pas jojo pour quelqu’un qui vient d’arriver d’un autre pays de prendre la parole et dire ce qui devrait changer ici, surtout s’ils y sont venu pour fuir un monde où la liberté de parole se solde par une gorge tranchée. C'est comme une puce que l'on enferme dans un pot scellé. Dans un premier temps, elle va tenter de sortir du pot en sautant et frapper à répétition le couvercle fermé, mais progressivement, elle va ajuster la force de ses bonds. Ensuite, vous ouvrez le couvercle, la laissez sortir et la regardez bondir. Pendant un bon moment, ses sauts ne dépasseront pas en hauteur celle du pot, jusqu'à ce qu'elle reprenne confiance en la liberté.
C'est ce que nous sommes en train de faire pour les immigrants avec la commission : nous leur donnons la chance de parler pour qu'ils puissent constater qu'ils ne s'écrasent pas dans le plafond de l'intolérance à la liberté de parole. C'est là, à mon humble avis, la meilleure façon de remettre à leur place ceux qui sont en manque de popularité et qui profitent du silence de leurs confrères nationaux pour s'autoproclamer leurs représentants officiels et ainsi faussent l'image que les Québécois dits « pure laine » ont de la communauté ethnique. Comme on dit, le borgne est roi au royaume des aveugles! Du coup, si ceux qui se taisent se sentent plus à l'aise de dire ce qu'ils ont au fond du coeur et de la tête, ne se sentiront-ils pas un peu plus impliqués dans notre sort commun? Ne se sentiront-ils pas soudainement un peu plus chez eux à l'extérieur de leur maison ou même de leur ghetto ? J'ai toujours cru que le silence est une porte ouverte pour tous ceux qui sont enclins à abuser. Alors, qu'ils parlent, par pitié! Qu'ils donnent des arguments nécessaires à aider tous ceux qui rament à contre-courant pour les défendre contre les préjugés et les fausses représentations.

De bonnes choses vont venir de cette commission, je le prédits...

Wednesday, October 17, 2007

USINE DE PRODUCTION TÉRÉEL, 562 MONTÉE SINS, QUÉBEC, HOH OHO

Monsieur le Damnésiaque, je suis parfaitement en accord avec vous. Laissez-moi vous raconter un de mes rêves. J'étais devant ma télévision et je zappais. Soudain, je suis tombée (sens figuré et littéraire) sous le choc. Positif. À l'écran, des gens qui semblaient appartenir à différents groupes sociaux. J'ai savouré des échanges dignes d'un match Djovovic-Federer : étonnants, intelligents, bien étudiés, émotifs. Un groupe avec des gens de différentes origines ethniques. Et si c’était vrai ? Euh… pas sûre. Ma langue était toute pâteuse. Pensez-vous vraiment que les Québécois sont prêts à ça? Une téléréalité avec des gens d'autres cultures? Je ne le crois aucunement. En fait, tout comme dans les « soaps » américains tels Young and the Restless, The Bold and the Beautiful, les téléréalités font ressortir en nous cette part de rêve où chacun est beau et riche. Une image parfaitement léchée. Trop clean. C’est louche ça. Depuis le début des émissions de téléréalité, a-t-on vu…euh, un Africain? Une libanaise? Un gars qui vit à Hochelaga ? Et ne dites surtout pas que la raison pour laquelle on ne voit pas ces gens c’est parce qu’ils ne s’inscrivent pas! De toute façon, notre société, malgré tout l’avancement, n’est pas prête pour le mixage, alors que notre voisin nous écœure, imaginez celui qui vient de l’autre bout du monde ou de l’autre bout de Montréal…, mais ceci est un autre débat…Par curiosité, je suis allée voir le site d'OD et par curiosité encore, j'ai jeté un coup d'œil à la description de quelques candidates. Une chose revient souvent. Quelle est votre plus grande qualité? Authentique. Évidemment. Alors que ces filles proviennent de l’usine de production Téréel où l’idole de la moitié des filles est Céline Dion. Bien que je n’ai rien contre notre Céline nationale. Au contraire, je respecte son cheminement. Mais côté musique, c’est assez pop pop populaire! Mais savez-vous que le produit peut être défectueux? Car la machine peut toujours réserver quelques surprises…Quoi faire dans ce cas-là ? Les producteurs utilisent cette défectuosité pour faire du marketing dans les magazines à potins : la semaine, 7 jours, dernière heure. L’ENFANCE DIFFICILE DE MARYSE MARQUÉE PAR LES KRAFTS DINNER. Pauvre Maryse, ça pas dû être facile, surtout avec 5 livres à perdre au secondaire. Et on le consomme son maudit Kraft Dinner. This is Business. Voici deux définitions du mot réalité qui pourront peut-être me servir de conclusion. 1. Ce qui est réel, ce qui existe en fait, par opposition à ce qui est imaginé, rêvé. 2. Vie réelle, telle qu'elle est, par opposition aux désirs, aux illusions. Le spectateur a le dernier mot. Environ 1,8 million de Québécois ont choisi ce qu'était la réalité pour eux. Sur une population de 7,6 millions. 14 %. Et les autres? Heureusement, nous pouvons encore garder espoir.

Monday, October 15, 2007

La réalité très à distance

Je n'ai jamais dit ce que je pensais de la télé-réalité. Ben voilà, je le fais... Rien de bien excitant, mais sans avoir approfondi la raison d'un engouement qui ne m'a pas gagné, mais qui aurait pu le faire si le concept avait été pris en main par de vrais artistes et non de vulgaires portes-feuilles ambulants, voici une petite montée de lait en ce lundi dont l'histoire risque peu de se souvenir...

Le terme « télé-réalité » est menteur à moitié. C'est de la télé, pas de doute. Mais pour la réalité, on repassera.

Prenons les émissions telles qu’Occupation double et Loft Story. Les compétiteurs y sont d'excellents représentants de la société québécoise, dans la mesure qu'on croit que le Québécois moyen est jeune, joli, mince, assez grand, photogénique, ne bégaye pas, n'a pas de handicap et a une prédisposition pour la caméra. Ce qui se passe dans ces émissions est aussi très semblable à la vraie vie, pour autant qu'on passe nos semaines à se trimbaler d'un pays à l'autre et à flirter avec de cinq à dix membres du sexe opposé dans une seule et même semaine, un peu de la même manière dont on goûte à divers échantillons de crèmes glacées chez Laura Secord.

Il y a un détail qu'il ne faudrait pas oublier quant à ces émissions : il ne s'agit pas d'une tranche de vie, mais bien d'une compétition! Les participants qui risquent à tout moment de dire quelque chose qui jetterait sur eux l'opprobre des autres candidats ou même d'un bon pourcentage du Québec ne risquent pas d'agir librement tel qu'ils le feraient dans leur salon ou sur le trône. Dès qu'ils sont devant la caméra, c'est-à-dire dès qu'ils font autre chose que dormir, prendre leur douche ou faire un petit pipi, ils deviennent un produit qu'ils doivent vendre. D'ailleurs, il ne s'agit même pas seulement de ce qu'ils vont gagner pendant l'émission, mais aussi de ce qu'ils vont gagner après! Parce qu'ils espèrent bien demeurer des produits une fois la saison terminée... Évidemment, ils n'ont aucune formation pour faire de la télé, du cinéma ou de la radio, mais... Vous vous rappelez Stéphanie Lapointe, gagnante de la deuxième saison de Star Académie? Ce qui est peut-être un peu amusant, quand on y pense, c'est qu'on s'en souvient tous pas mal moins pour ses talents de chanteuse que pour ses rôles au cinéma (Aurore) et à la télévision (Le négociateur). Et détrompez-vous! Pour le peu que j'ai entendu des produits de la Chaîne de montage à chanteurs Québécois, Lapointe est celle qui s'est le plus permis d'être une artiste, mais étant donné qu'elle n'a pas voulu d'emblée jouer le jeu tel que les autres académiciens ont embrassé sans poser de question, son album a tardé à voir le jour. Ainsi, les producteurs ne voulaient surtout pas perdre l'avantage d'un produit fini déjà imprégné de popularité et risquer qu'on l'oublie, ce qui risque fort d'arriver au Québec, nonobstant notre devise. On l'a donc exposé au maximum dans des domaines qui n'avaient rien à voir avec elle, dans des rôles que des acteurs parfaitement mieux qualifiés qu'elle aurait eus, non-pas seulement plaisir, mais également et surtout besoin de jouer! Quand t'es un produit populaire, il n'est pas nécessaire d'avoir du savoir-faire pour faire du cinéma, de la télé ou de la radio... La popularité, c'est ça l'ingrédient miracle! Ça fait tout! Ça « patche » les trous, aplani les surfaces irrégulières, colorie ce qui est fade... Ça ressemble beaucoup à cette histoire qu'on m'a racontée un jour : dans une ville quelque part, une grève des vidangeurs sévissait déjà depuis quelques jours. Un des citoyens de cette ville en avait sérieusement marre de voir les sacs verts s'accumuler sur le parterre de sa maison, chaque jour un peu plus éventrés par des ratons laveurs opportunistes. Cet homme eut soudain une idée! Il se munit de nombreuses boîtes vides en carton et de beaucoup, beaucoup de papier-cadeau. Puis, tous les soirs, il mit des ordures dans des boîtes, les emballa de manière affriolante et les emmena avec lui dans sa voiture. Une fois rendu au boulot ou au centre commercial, il laissait les boîtes sur le siège arrière, à côté d'une fenêtre ouverte. Chaque fois qu'il revenait à son véhicule un peu plus tard, les « cadeaux » ne s'y trouvaient plus! Une semaine plus tard, il avait la seule maison de son quartier qui sentait bon...
Si les producteurs sont conscients de ce fait, les candidats le sont tout autant. Ils sont fixés sur cette idée. Pensez-y! Croyez-vous vraiment qu'il y ait de la place pour le naturel?

Finalement, je crois que le terme « télé-réalité » est très représentatif... "télé" signifiant à la base "distance", je dirais qu'il y en a effectivement entre ça et la vraie vie...